Interview-Verzeichnis (alle)

01. Juni 2006 ·

Interview mit Sophie Demoulin (in niederländischer Übersetzung von Jan van Duffel)

Von Sophie Demoulin (National Orchestra of Belgium, Violine)
Übersetzung: Jan van Duffel (National Orchestra of Belgium, Horn)

Quel est votre tout premier souvenir musical ?

Mes premiers souvenirs viennent de ma grand-mère. Elle était pianiste et aveugle. Mes premières émotions viennent des vibrations du piano que je percevais en me blottissant en dessous.

Vos parents étaient également musiciens ?

Non, pas professionnellement. Mais ils étaient très mélomanes. Mon père jouait très bien du luth et ma mère adorait l’opéra, entre autre Wagner qu’on ne manquait pas d’écouter à la radio.

Et ils vous ont permis d’aller dans cette voie…

Oui, tout d’abord en me mettant au piano, puis en me faisant intégrer une école de musique basée sur le travail du chant et de la chorale. Dans cette chorale, j’ai énormément appris, et non seulement musicalement mais aussi sur l’art de jouer de la musique ensemble. Une chorale, c’est comme un orchestre, il faut construire quelque chose tous ensemble. C’est d’ailleurs là que j’ai commencé très jeune à diriger. J’avais 15 ans lorsque je dirigeai mon premier concert.

Pensez-vous que passer par une chorale est une meilleure façon d’arriver à la direction d’orchestre?

Je pense que c’est la meilleure ! Cette école était un internat, ce qui fait que je ne voyais pas mes parents chaque semaine. Pendant 10 ans, je peux dire que j’ai été mon propre maître, secondé par mon professeur de direction chorale.
C’était une personne profondément honnête, humainement et musicalement. Une personnalité sans artifices, sans besoin de paillettes médiatiques. Un homme simple au grand cœur. Il a été une personnalité marquante dans ma vie non seulement parce qu’il m’a permis de diriger régulièrement ses répétitions, mais aussi par l’ouverture et la tolérance face à une vision musicale qui n’était pas tout à fait la même que la sienne. Je me souviens de grandes « disputes » au sujet de l’interprétation de la musique baroque, par exemple, mon point de vue évoluant vers une découverte musicologique de cette musique et mon professeur restant dans la grande « tradition » romantique. Malgré nos divergences (constructives, car permettant un débat entre nous et me forçant à être convainquant), il m’a toujours laissé faire à ma façon et je lui en suis extrêmement reconnaissant.

Vous êtes aussi professeur de direction, essayez-vous de le garder comme un modèle pédagogique ?

Mmm… pas tout à fait, dans le sens où aujourd’hui, les étudiants viennent me voir et disent : « Je veux diriger, dites-moi comment je dois faire ». J’avoue que cela me met en colère !
Je recherche des étudiants qui travaillent, qui veulent quelque chose, qui ont quelque chose en eux qu’ils veulent exprimer, qui me disent « Non ! Je le pense autrement », et qu’ils me disent pourquoi.
J’ai l’impression que les étudiants ont tendance à être passifs, à vouloir les choses toutes cuites dans leur assiette. Mais ça ne marche pas comme ça !

Que pensez-vous de la nouvelle génération de chefs ?

Je dirais qu’ils ont une technique sans doute bien meilleure que la mienne, ils arrivent à diriger Stravinsky et la musique contemporaine sans aucun problèmes, mais leur principal travail se fait par disque et cela occupe tout leur esprit. Il n’y a plus de place pour une approche personnelle. Ils savent exactement le tempo de tel et tel chef, mais n’ont pas réfléchi en tête à tête avec la partition.
Je viens d’une génération où le disque était très rare. Mes seules « versions » étaient celles que je m’imaginais dans la tête. Les désirs que j’avais étaient les miens, le son que je voulais entendre était celui de mon imagination.
Il manque souvent chez les jeunes chefs cette profondeur primordiale, masquée sous des dehors de grande technicité. Je ne peux donc pas vraiment leur dire que c’est mauvais, mais ce n’est tout simplement pas assez bon.

En tant que professeur, y a-t-il moyen de changer cela ?

J’essaye. Parfois ça marche, parfois pas. La seule chose qu’un professeur peut faire, c’est donner des conseils sur le chemin à prendre.
Bien sûr, vous pouvez enseigner beaucoup de choses, vos expériences… mais finalement…
Un collègue me disait très joliment, lors de son cinquantième anniversaire : « Tout ce que j’ai fait avant, c’était trop tôt ! Je ne commence à comprendre ce métier que maintenant ».(rires)
Moi-même j’ai commencé très tôt (j’avais 15 ans) et ce que j’ai fait à cet âge n’était certainement pas très bon. Il était juste important pour moi d’acquérir cette expérience à cet âge.
Aujourd’hui, vous avez des chefs de vingt ans qui commencent avec la 9ème de Mahler et n’ont aucune idée de ce dont il s’agit. Et le public entend ce manque de connaissance, et cela me met souvent en colère ! (rires)

Maestro Weller me racontait que le problème de la jeune génération de chefs, d’après lui, était le luxe dont ils bénéficiaient très tôt : ont leur donne de fabuleux orchestres à diriger avant même qu’ils aient quelque chose à dire…

Nous vivons à une époque surmédiatisée, où les agents font la loi. Il est courant de voir de jeunes, voire de très jeunes artistes, occuper la scène médiatique pendant un temps, puis, 10 ans plus tard, plus personne ne connaît leurs noms. On le voit aussi à leur répertoire : souvent, ils ne jouent que les œuvres qu’on attend d’eux, et ce n’est pas pour leur enrichissement personnel qu’ils travaillent les œuvres, mais pour le public.

Etes-vous sévère avec vous-même ?

Quand quelque chose ne va pas, ma première question est « Qu’ai-je mal fait ? » et je chercherai en moi le chemin qui mène à obtenir le résultat que je veux.
Je dois dire qu’à l’âge que j’ai, c’est de plus en plus difficile de diriger, même des œuvres jouées très souvent. Chaque concert est plus difficile que le précédent…

Vous voulez dire physiquement ?

Oh non, physiquement, ça va très bien, bien que je ne sois plus très jeune (rires). Non, c’est en rapport avec l’autocritique dont nous parlions. Mon idéal est chaque semaine plus haut et difficile à atteindre. Mais si j’arrêtais d’être sévère avec moi-même, je devrais arrêter ce métier immédiatement ! Il arrive qu’avec certaines œuvres je sois arrivé à un point très proche de mon idéal, et dans ce cas, j’ai arrêté de les diriger, car je sentais que je ne pouvais pas aller plus loin. Je ne dirige aujourd’hui que les œuvres dont je suis sûr qu’elles m’apportent encore de nouvelles voies à explorer.

C’est finalement l’approche la plus honnête de la musique ?

Oui, sinon, j’aurais l’impression de ne venir que gagner ma croûte. Bien sûr c’est normal d’être payé pour le travail que l’on fait, mais ce n’est pas le but de mon métier. Ma motivation première est d’arriver à faire quelque chose pour cet art merveilleux qu’est la musique.

Votre façon de diriger est différente selon les orchestres ?

Oui, et lorsque je ne connais pas un orchestre, j’essaye lors de la première répétition d’écouter ce qu’ils ont à me donner, matériel que je devrai utiliser par après pour exprimer mes idées. Ce matériel est propre à chaque orchestre et par conséquence, mes idées musicales qui en dépendent seront exprimées différemment à chaque fois. C’est ce qui rend ce métier fabuleux !

Vous avez été pendant 13 ans à la tête de l’Opéra de Amsterdam, pendant 16 ans à celui du Netherlands Philharmonic Orchestra, ainsi que du Netherlands Chamber Orchestra. Comment partagez-vous votre temps entre ces 3 styles de musique ?

De façon idéale, c’est à dire 40% pour l’Opéra, 40% pour le symphonique et 20% pour l’orchestre de chambre. J’ai adoré en effet pouvoir passer d’une symphonie de Mahler à une cantate de Bach d’une semaine sur l’autre. Cela me « nettoyait » l’esprit. C’est une très bonne façon de construire son temple musical. Ne pas se spécialiser dans un domaine mais rester curieux de tout.

Comment vous sentez-vous avec l’ONB ?

C’est la troisième fois que je viens diriger cet orchestre. Pour être honnête, je dois dire qu’après la première fois, j’ai dit que je ne voulais plus revenir. C’était il y a très longtemps ! Puis je suis revenu il y a peu, avec une symphonie de Bruckner, et quelle ne fut pas ma surprise ! Cet orchestre avait complètement changé ! Non seulement la qualité des musiciens mais aussi leur attitude générale ! Je me souviens que lors de la première fois, il me fut terriblement difficile d’obtenir quoi que ce soit des musiciens. Ils n’étaient tout seulement pas intéressés. Et soudain, j’ai devant moi un orchestre motivé, intéressé, concentré, discipliné… bref, un autre orchestre. C’est la raison pour laquelle j’ai accepté de revenir cette fois-ci. Cette évolution me rend vraiment très heureux !

Et si vous aviez un conseil à nous donner ?

Vous avez aujourd’hui atteint un niveau très appréciable. Peut-être vous faudrait-il jouer un opéra par an pour acquérir plus de flexibilité. Certaines petites subtilités de tempo ne sont pas assez perçues par les musiciens et m’obligent parfois à de grands gestes, là où ce n’est pas nécessaire musicalement. Des choses naturelles de souplesse musicale deviennent alors des directives à écrire sur la partition.

Alors qu’il « suffirait » d’apprendre à mieux s’écouter…

Absolument. C’est pourquoi le répertoire d’opéra est une bonne façon de se forcer à plus de souplesse. Même sous forme d’opéra-concert. D’expérience, j’ai constaté qu’un orchestre symphonique qui fait beaucoup d’opéra devient un instrument de plus en plus agréable à jouer.

Pourriez-vous faire une autre métier ?

En fait, je fais aussi un autre métier puisque je suis Intendant de l’orchestre « Dresdner Musikfestpiele ». Mais je ne sais pas si c’est vraiment un autre métier. Car c’est finalement aussi avoir une vision musicale et diriger des personnes pour tirer le meilleur parti d’eux-mêmes et faire avancer les projets.

Et puis vous écrivez aussi…

(rires) Oui, j’ai beaucoup écrit. Quatorze livres sur Mahler, Wagner, et encore d’autres sujets comme la musique baroque. Mais je ne me sens pas « écrivain ». C’est plutôt faire partager par écrit toutes les connaissances amassées lors de mes longs travaux préparatoires à la direction d’une œuvre. Le travail de préparation est très important : regardez par exemple le temps que l’on gagne lorsque j’amène un matériel déjà prêt pour les cordes. Je suis sûr que je gagne une répétition. Cela ne veut pas dire que je refuse tout changement, mais au moins, la première répétition commence à un niveau supérieur. En lisant mes indications, vous pouvez déjà vous faire une idée assez précise de mes intentions. C’est tellement plus facile ! C’est un « truc » que j’ai appris avec les orchestres de chambre, et je dois dire qu’avec les orchestres symphoniques, ça marche même mieux !

Pensez-vous avoir eu de la chance ?

Oui, je crois. Enfant, je rêvais déjà à ce métier et je suis très heureux de pouvoir l’exercer. Non seulement pour moi mais aussi pour le public, à une époque où chacun est de plus en plus seul et ne se sent plus comme faisant partie d’un groupe humain qui réconforte. J’ai à ce propos vécu une expérience très émouvante lors de l’inondation de Dresde en 2002. La ville était complètement sous eaux et tout à coup, les habitants qui ne se parlaient pas se sont entraidés, se sont solidarisés, se sont parlés…
Je crois aussi que la musique peut aller dans ce même chemin de « communion », sans pour autant s’opposer à une perception musicale propre à chacun.

Qu’est-ce qui est désagréable dans ce métier ?

Certaines choses… Quand j’étais jeune homme, j’aimais beaucoup voyager, bouger, changer de villes… maintenant je déteste ça (rires). Les hôtels, les avions, les aéroports… on ne s’y sent jamais vraiment bien. Mais une fois que je fais de la musique, j’oublie tout et ça n’a plus d’importance. Mais malgré tout, c’est un métier dur et il arrive qu’un fois arrivé au bout de ma journée, je sois complètement mort et que je me demande pourquoi je fais tout ça ?
Une partie désagréable du métier sont les discussions peu musicales qu’il faut avoir avec les administrations, les directeurs, les agents… Dans ce dernier cas, 80% des discussions sont financières, et ça, c’est vraiment un aspect désagréable de ce métier. Vous êtes un produit qui doit rapporter, point final. Et à l’opposé, dans ma fonction d’Intendant, je perds beaucoup de temps et d’énergie avec les agents et je préfère parfois passer au-dessus d’eux et parler directement avec les artistes que je veux inviter, ce qui m’est beaucoup plus agréable car nous pouvons alors discuter de choses artistiques.
En tant que chef, j’ai passé une grande partie de ma vie sans agent, ayant eu une très mauvaise expérience avec l’un d’eux. Plus récemment, je me suis décidé à en reprendre un et je dois dire que j’ai beaucoup de chance car cela se passe très bien.

Qu’est-ce qui est pour vous un très bon concert ?

D’abord un concert où on a très bien joué. Mais ce n’est pas l’essentiel. Un très bon concert est un concert où j’ai été touché et où je ressens cette tension du public dans mon dos. Je ne sais pas exactement comment ça fonctionne mais c’est là le signal indubitable que vous avez réussi à faire passer quelque chose. Même très bien joué, un concert qui ne touche personne n’est pas un bon concert. Ces situations me mettent d’ailleurs mal à l’aise et malheureux.

Y a-t-il des musiques que vous n’aimez pas diriger ?

Oui, oui. Mais je ne dis pas pour autant que ce sont de mauvaises musiques ! C’est juste que je n’ai pas d’opinion sur elles. Cela a beaucoup changé dans ma vie. Je vais vous donner un exemple : dans mes jeunes années, j’avais des problèmes avec Tchaïkovsky et j’ai préféré ne pas en diriger. La raison était mon manque de force à convaincre les orchestres de le jouer différemment que le voulait leur « tradition ». Pour moi, cette tradition était injustifiée et m’était pénible à écouter. Plus de 10 ans ont passé lorsqu’on m’appela pour diriger un concert Tchaïkovsky. Je répondis que je ne dirigeais pas ce compositeur, et il me répondit « Je sais, c’est pourquoi je vous demande de le faire ! » (rires). Je lui demandai pourquoi ? Et il me répondit que justement, il voulait une nouvelle façon de diriger cette musique. J’ai dit d’accord, mais je lui ai demandé de bien prévenir l’orchestre que ce serait différent de ce qu’ils avaient l’habitude de faire. C’est ce qui s’est passé et le résultat fut convainquant. Suffisamment pour me convaincre que j’avais désormais les épaules assez larges pour m’imposer dans ce répertoire.
Il y a d’autres musiques que je ne dirige pas, comme un partie de la musique française, par exemple. Je ne la comprend pas. Peut-être parce que je ne connais pas assez la langue. Je suis persuadé qu’il y a une grande relation entre musique, langue et culture. Je parle suffisamment russe, hongrois, anglais, italien… pour comprendre leur musique, mais quand il s’agit de musique française, je préfère m’abstenir et en tant que directeur artistique, je préfère inviter un chef qui s’y sent parfaitement à l’aise et le fait beaucoup mieux que moi.
Un autre exemple : Stravinsky. Je n’arrive pas à comprendre ce personnage. Il y a un tel gouffre entre ce qu’il écrit sur sa musique et sa musique que je n’arrive pas à en faire la synthèse. Il écrit partout qu’il faut jouer sa musique sans la moindre once d’émotion, alors que je trouve sa musique tout au contraire pleine d’émotion… Mais là encore, il y a des tas de jeunes chefs qui font ça très bien, alors laissons-les faire. Mon répertoire est suffisamment large et couvre des périodes suffisamment étendues pour me permettre de ne pas diriger ce qui ne me convient pas.

N’est-ce pas une des plus belles qualité que de reconnaître ses faiblesses ?

(rires) Oui, sans doute, mais c’est surtout une question d’honnêteté professionnelle que de dire « Désolé, mais ce n’est pas ma tasse de thé ». C’est arrivé assez souvent dans ma vie de dire « non » à des concerts parce que le programme ne me convenait pas.
Ce qui n’est pas vrai quand on est jeune chef : à ce moment-là, il faut tout faire, bien sûr, pour se faire la main et découvrir petit à petit sa personnalité.

Plus léger

Qu’êtes-vous incapable de faire ?

Je suis incapable de blesser quelqu’un, d’être agressif.

Que faites-vous le mieux ?

Diriger, peut-être, mais ce n’est pas à moi à le dire !

Qu’est-ce qui vous met en colère ?

Les personnes qui ne font pas leur travail intensément, quel qu’il soit (et d’autant plus dans la musique). Je déteste cette expression « I do my job ». Je ne supporte pas de travailler avec des gens qui font leur travail à moitié, cela me rend fou et je suis connu pour ça ! (rires)

Que pardonnez-vous toujours ?

Une faute avouée. Et pour revenir à la question précédente, je déteste les situations où quelqu’un nie son erreur, ou pire, la rejette sur son voisin.
Pour le reste, l’erreur est humaine, et tout à l’heure j’ai oublié de battre un temps, je me suis excusé et puis voilà, je suis pas un sur-homme, personne ne l’est.

Qu’est-ce qui est beau ?

Oh, beaucoup de choses ! La musique, les femmes, les paysages, la nature, la peinture, les Arts en général. Nous sommes entourés de Beauté, et j’ai parfois l’impression que nous ne sommes plus capables de la voir. Nous ne voyons plus que des beautés artificielles qui déforment notre esprit.

Que voyez-vous des fenêtres de chez vous ?

La Beauté, justement ! (rires). Je vois de magnifiques arbres centenaires, au-delà la rivière, et encore au-delà, je vois les toits de la ville étalés dans la vallée. Tout cela entouré d’un magnifique paysage qui s’étend jusqu’au ciel. Il m’arrive souvent de monter sur le toit et d’admirer les changement de couleurs du ciel. Ils m’émeuvent, m’inspirent…

Quelle est votre principale qualité ?

Être capable de travailler dur.

Et votre pire défaut ?

Ma famille me dirait que je n’ai pas assez de temps à leur consacrer, et ils ont raison.

Quel est votre odeur favorite ?

L’odeur des foins fraîchement coupés. Ce n’est pas forcément une merveilleuse odeur, mais pour moi, c’est un peu ma « madeleine de Proust ».

Et la pire ?

Un transport en commun à l’heure de pointe.

Qu’est-ce qui est complètement inutile ?

Certains programmes à la télévision…

Wat is Uw eerste muzikale herinnering?

Mijn eerste herinneringen dank ik aan mijn grootmoeder. Zij was blind, maar speelde zeer goed piano. Mijn eerste muzikale emoties heb ik ervaren terwijl ik ineengedoken onder de piano zat te luisteren naar het spel van mijn grootmoeder.

Waren uw ouders ook muzikanten?

Neen, niet professioneel. Maar ze waren wel melomanen. Mijn vader speelde zeer goed luit, en mijn moeder hield veel van opera, o.a. van Wagner, wiens muziek we nooit misten als ze op de radio werd uitgezonden.

En zij hebben U toegelaten dit spoor te volgen…

Ja, eerst door me piano te laten spelen, en verder door me school te laten lopen in een school waar zang en koorzang de basis van de vorming uitmaakte. In dat koor heb ik enorm veel geleerd, niet alleen muziektechnisch, maar ook over de kunst van het samenspelen. Met een koor is het zoals met een orkest, je moet allemaal samen iets construeren. Het is overigens daar dat ik, zeer jong nog, begon te dirigeren. Ik was 15 toen ik m’n eerste concert dirigeerde.

Denkt U dat het goed is om eerst ervaring op te doen als koordirigent, als men orkestdirigent wil worden?

Ik denk dat het de beste weg is. De school waar ik zat was een internaat, wat impliceerde dat ik m’n ouders niet elke week zag. Gedurende 10 jaar was ik mijn eigen leermeester, geholpen door m’n professor van koordirectie.
Dat was een door en door integer man, zowel menselijk als muzikaal. Een persoonlijkheid die altijd rechttoe rechtaan handelde, zonder omwegen, en zonder behoefte aan belangstelling vanuit de media. Een eenvoudig mens met een groot hart. Hij is een markante persoon in mijn leven, niet alleen omdat hij me toeliet om regelmatig zijn repetities te dirigeren, maar ook omdat hij opmerkelijk open stond t.o.v. een muzikale visie die niet helemaal strookte met de zijne. Ik herinner me bv. de lange discussies die we voerden over de interpretatie van barokmuziek, waarbij mijn gezichtspunt mee evolueerde met de recente musicologische ontdekkingen, terwijl mijn professor bleef bij de grote romantische traditie. Ondanks onze meningsverschillen (die uiteindelijk constructief waren, omdat ze me dwongen om overtuigend over te komen in het debat), heeft hij me altijd toegelaten om mijn werk naar eigen inzicht doen en ik ben hem daar extreem dankbaar voor.

U bent zelf ook professor orkestdirectie. Probeert U ook om dit als een soort pedagogisch model te handhaven?

Mmm…niet helemaal. In die zin dat studenten me tegenwoordig vaak vragen: “Ik wil dirigeren, hoe moet ik dat doen?” En ik geef toe dat zo’n vraag me tegen de borst stuit.
Ik zoek studenten die werken, die iets willen, die iets in zich hebben dat ze tot uitdrukking willen brengen, en die me durven zeggen: “Neen! Ik zie het zo!”, en die me ook zeggen waarom.
Ik heb de indruk dat de studenten de neiging hebben zich passief op te stellen. Ze willen de zaken kant en klaar op hun bord krijgen. Maar zo werkt dat niet.

Wat denkt U van de nieuwe generatie dirigenten?
Ik zou zeggen dat ze een techniek hebben die ongetwijfeld de mijne overtreft, zij slagen erin om Stravinsky en de hedendaagse muziek zonder problemen te dirigeren, maar een belangrijk gedeelte van hun werk doen ze met plaatopnames, en dat neemt heel hun geest in beslag. Daardoor is er geen plaats meer voor een persoonlijke benadering. Zij weten precies het tempo van die en die dirigent, maar ze hebben er zelf met de partituur niet over nagedacht. Ik kom uit een generatie waarin platen eerder zeldzaam waren. De enige “versies” die ik kende waren diegene die ikzelf in mijn hoofd vormgaf. De wensen die ik had waren mijn eigen wensen, de klanken die ik wilde horen waren diegene die ik gevormd had in mijn eigen verbeelding.
Bij jonge dirigenten ontbreekt vaak deze fundamentele diepte, en dat gebrek wordt dan gemaskeerd door een gevel van een virtuoze techniek. Ik kan bijgevolg niet echt zeggen dat het slecht is, maar het is simpelweg niet goed genoeg.

En kan U daar iets aan veranderen als professor?

Ik doe m’n best. Soms lukt het, soms niet. Maar het enige dat een professor kan doen is raad geven over de te volgen weg.
Natuurlijk kan je hen heel veel dingen leren, uw ervaringen… maar uiteindelijk…
Een collega zei me eens, ter gelegenheid van z’n 50ste verjaardag : “Alles wat ik tot hiertoe heb gedaan, was te vroeg. Ik begin dit vak nu pas te begrijpen”. (lacht)
Ik zelf ben zeer vroeg begonnen met dirigeren (op 15 jaar) en al wat ik op die leeftijd deed was ongetwijfeld niet erg goed, maar het was wel belangrijk voor mij om die ervaring op dat moment op te doen. Tegenwoordig heb je dirigenten die op 20 jaar de 9e van Mahler dirigeren en die geen enkel idee hebben van de essentie van die muziek. En het publiek hoort dat gebrek aan kennis, en dat maakt me vaak kwaad. (lacht)

Maestro Weller zei me dat het probleem van de jongen generatie dirigenten volgens hem was dat ze vaak te vroeg te veel luxe kenden: ze krijgen vaak de kans om uitstekende orkesten te dirigeren, voordat ze iets te vertellen hebben…

Wij leven in een maatschappij die beheerst wordt door de media, waarin de agenten de wetten stellen. Je ziet regelmatig jonge, en zelfs zeer jonge artiesten, gedurende een zekere tijd de mediascène innemen, om dan na 10 jaar te verdwijnen, zodat niemand zelfs hun naam nog kent. Men ziet dat ook aan hun repertoire: ze spelen vaak alleen de werken die het publiek van hen verwacht. En ze studeren die werken ook niet in om zichzelf te ontwikkelen, maar louter voor het publiek.

Bent U streng voor Uzelf?

Als iets me niet lukt, is mijn eerste vraag: “Wat doe ik verkeerd?” en ik zoek in mijzelf de weg die me naar het resultaat zal voeren dat ik voor ogen heb.
Ik moet zeggen dat het op mijn leeftijd steeds moeilijker wordt om te dirigeren, zelfs vaak gespeelde werken. Elk concert is weer moeilijker dan het vorige…

Bedoelt U dat fysiek?

O neen, fysiek gaat het behoorlijk goed, al ben ik niet meer zo jong (lacht). Neen, het komt eerder door de kritiek die ik mezelf geef. Mijn ideaal ligt iedere week wat hoger en is moeilijker te bereiken. Maar als ik zou ophouden om streng te zijn t.o.v. mezelf, zou ik met dit beroep onmiddellijk moeten stoppen. Het is me met sommige werken wel gebeurd dat ik op een punt kwam dat dicht bij m’n ideaal ligt. In zo’n geval stop ik met die werken te dirigeren, want dan voel ik dat ik daarmee niet meer verder kan gaan. Ik dirigeer tegenwoordig enkel nog werken waarvan ik zeker ben dat ze me op nieuw te ontdekken paden kunnen brengen.

Is dat uiteindelijk de eerlijkste manier om aan muziek te doen?

Ja, anders zou ik me niet van de indruk kunnen ontdoen dat ik enkel kwam om mijn brood te verdienen. Uiteraard is het normaal dat men betaald is voor het werk dat men doet, maar dat is niet het eerste doel van ons vak. Mijn eerste motivatie is ertoe te komen om iets te doen voor de prachtige kunst die muziek is.

Past U Uw werkwijze aan aan het specifieke orkest waar U voor staat?

Ja, als ik een orkest niet ken, probeer ik de eerste repetitie te luisteren naar wat het me kan geven. Dat materiaal gebruik ik dan later om mijn ideeën uit te drukken. Dat materiaal is ook eigen aan ieder orkest en bijgevolg worden mijn muzikale ideeën, die daarvan afhankelijk zijn, ook iedere keer anders uitgedrukt. Maar dat maakt dit vak juist zo boeiend.

U heeft gedurende 13 jaar aan het hoofd gestaan van de Opera van Amsterdam en gedurende 16 jaar voor het Nederlands Philharmonisch Orkest en het Nederlands Kamerorkest. Hoe verdeelt U Uw tijd over die drie verschillende muzikale genres?

Idealiter is dat 40% voor opera, 40% voor het symfonische en 20% voor het kamerorkest. Ik geniet ervan om van de ene op de andere week te kunnen overgaan van een symfonie van Mahler naar een cantate van Bach. Dat houdt de geest rein. Het is ook een goede manier om je eigen muzikale tempel te construeren. Je niet specialiseren in één domein, maar nieuwsgierig blijven naar alles.

Hoe voelt U zich bij het NOB?

Het de derde keer dat ik dit orkest dirigeer. Om eerlijk te zijn, moet ik zeggen dat ik na de eerste keer niet wilde terugkomen. Dat is een tijdje geleden. Dan ben ik niet lang geleden teruggekomen met een symfonie van Bruckner, wat een verrassing! Dat orkest was volkomen veranderd. Niet alleen de kwaliteit van de muzikanten, maar ook hun attitude. Ik herinner me van de eerste keer dat het verschrikkelijk moeilijk was om wat dan ook te vragen van de muzikanten. Ze waren simpelweg niet geïnteresseerd. En plots heb ik een gemotiveerd, geïnteresseerd, geconcentreerd en gedisciplineerd orkest voor me… kortom een ander orkest. Dat is ook de reden waarom ik wel geaccepteerd heb om deze keer terug te komen. Deze evolutie maakt me oprecht gelukkig.

En als we U zouden vragen om ons een goede raad te geven?

Jullie hebben vandaag een aanzienlijk niveau bereikt. Misschien zou het voor jullie nuttig zijn om jaarlijks een opera te spelen, om op die manier meer flexibiliteit te bekomen. Sommige subtiele tempowijzigingen worden soms niet voldoende waargenomen door de muzikanten en verplichten me om grote gesten te doen daar waar ze louter muzikaal niet nodig zijn. Muzikale subtiliteiten die op een heel natuurlijke soepele manier zouden moeten verlopen worden zo richtlijnen die op de partij moeten ingeschreven worden.

Terwijl het voldoende zou moeten zijn om beter naar mekaar te luisteren…

Precies. En het operarepertoire is een goede manier om een grotere souplesse te bekomen. Zelfs in concertante uitvoering. Mijn ervaring is dat een symfonisch orkest dat regelmatig een opera uitvoert, zich ontwikkelt tot een instrument dat steeds aangenamer te bespelen wordt.

Zou U een ander vak kunnen uitoefenen?

In feite doe ik al een ander vak, vermits ik intendant ben van de “Dresdner Musikfestspiele”. Maar ik weet niet of dat echt een ander vak is. Want in essentie gaat het er daar ook om, om een muzikale visie te hebben en personen te begeleiden zodat ze het beste van zichzelf kunnen geven, en om projecten uit te werken.

En verder schrijft U ook…

(lacht) Ja, ik heb veel geschreven. 14 boeken over Mahler, Wagner en andere onderwerpen, zoals barokmuziek. Maar ik voel me geen “schrijver”. Ik probeer eerder door m’n geschriften mensen te laten delen in de kennis die opgestapeld werd tijdens de lange voorbereidingen vóór het dirigeren van een werk. Die voorbereidingen zijn enorm belangrijk: kijk eens wat een tijd gewonnen wordt als ik materiaal voor de strijkers meebreng dat volledig klaar is. Je wint daarmee minstens één repetitie. Dat wil niet zeggen dat ik, op de repetitie, elke wijziging aan dat materiaal zou weigeren, maar op z’n minst begint de eerste repetitie op een hoger niveau. Door mijn indicaties te lezen kan je je een vrij precies beeld vormen van mijn intenties. En dat maakt het zoveel makkelijker. Dat is een truc die ik geleerd heb bij kamerorkesten, en ik moet zeggen, bij symfonische orkesten werkt het nog beter.

Denkt U dat U geluk gehad heeft?

Ja, ik denk het wel. Als kind droomde ik al van dit vak en ik ben heel gelukkig het te kunnen uitvoeren. Niet alleen voor mezelf, maar ook voor het publiek, in een periode waarin ieder individu meer en meer op zichzelf staat en het samenhorigheidsgevoel van menselijke groepen steeds minder belangrijk wordt. Ik heb hieromtrent een zeer ontroerende ervaring gehad met de overstroming van Dresden in 2002. De stad stond volledig onder water en plots begonnen de inwoners die mekaar niet kenden mekaar te helpen, mekaar te steunen, terug met mekaar te praten…
Ik denk ook dat muziek in diezelfde richting kan werken, door een maatschappij een gevoel van eensgezindheid te geven, zonder dat daarom een individuele muzikale perceptie verhinderd wordt.

Wat is onaangenaam aan dit beroep?

Er zijn wel dingen… Toen ik jong was hield ik van reizen, me verplaatsen, veel steden zien…nu heb ik daar een hekel aan. (lacht) Hotels, vliegtuigen, luchthavens…men voelt zich daar nooit echt goed. Maar eenmaal ik muziek aan ’t maken ben vergeet ik dat allemaal en heeft dat geen belang meer. Ondanks dat blijft het een hard beroep en het gebeurt mij wel eens dat ik op het einde van zo’n dag halfdood ben en me afvraag waarom ik dit allemaal doe.
Een minder aangenaam aspect van dit beroep zijn ook de niet-muzikale discussies met administraties, directeurs, agenten…. 80% van die discussies gaan over financiële zaken, echt een minder leuke kant van het vak. Je bent een product en dat moet opbrengen, punt uit. En aan de andere kant van de barrière, in mijn functie van intendant, verlies ik veel tijd en energie met agenten. Soms zou ik die graag willen overslaan en direct met de artiesten die ik wil uitnodigen, zelf praten, wat me veel aangenamer zou zijn vermits er dan veeleer over artistieke zaken gediscussieerd wordt.
Als dirigent heb ik een groot deel van mijn leven zonder agent gewerkt, na een zeer slechte ervaring. Recenter heb ik dan toch besloten om er terug één te nemen, en ik moet zeggen dat ik nu geluk heb, nu werkt het goed.

Wat is voor U een zeer goed concert?

Vooreerst een concert waar zeer goed gespeeld is. Maar dat is niet essentieel. Een zeer goed concert is ook een concert waarin ik ontroerd wordt, en waarin ik diezelfde spanning bij het publiek kan voelen. Hoe dat exact functioneert weet ik niet, maar voor mij is dat het stellige signaal dat je erin geslaagd bent om iets over te brengen naar het publiek toe. Voor mij is een concert waarin niemand ontroerd wordt, zelfs als het heel goed gespeeld is, geen goed concert. In dergelijke situatie voel ik me zelfs niet op m’n gemak en ongelukkig.

Bestaat er muziek die U niet graag dirigeert?

Ja, ja. Maar dat wil niet zeggen dat dat slechte muziek zou zijn, alleen heb ik er geen opinie over. Dat is in de loop van mijn leven wel veel veranderd. Om u een voorbeeld te geven: vroeger had ik veel problemen met de muziek van Tsjaikovsky en ik dirigeerde het liever niet. De reden hiervoor was vooral dat ik de overredingskracht miste om orkesten te overtuigen het anders te spelen dan volgens hun “traditie” voorgeschreven. Voor mij waren die tradities niet terecht en ik vond het moeilijk om er zo naar te luisteren. Meer dan 10 jaar later vroeg men mij om een Tsjaikovky-concert te dirigeren. Ik antwoordde dat ik het werk van die componist niet wilde uitvoeren, maar de persoon in kwestie zei: “Dat weet ik, daarom vraag ik u om het wel te doen” (lacht). Ik vroeg dan waarom. En hij antwoordde dat hij juist op zoek was naar een nieuwe interpretatie van die muziek. Ik ben uiteindelijk akkoord gegaan, maar vroeg om het orkest vooraf te laten weten dat mijn benadering duidelijk verschillend zou zijn van hetgeen zij gewoon waren van deze muziek. Dat is ook gebeurd, en het resultaat was overtuigend. Overtuigend genoeg om mezelf te vergewissen van het feit dat mijn schouders breed genoeg zijn om ze onder dit repertoire te zetten.
Er is nog andere muziek die ik niet dirigeer, zoals bv. een deel van het Franse repertoire. Ik begrijp dat niet, misschien omdat ik de taal niet genoeg ken. Ik ben ervan overtuigd dat er een belangrijke relatie is tussen muziek, taal en cultuur. Ik praat voldoende Russisch, Hongaars, Engels, Italiaans…om die muziek te begrijpen, maar als het over Franse muziek gaat dan zie ik er liever van af, en als artistiek directeur nodig ik dan liever iemand anders uit die zich daarin meer op z’n gemak voelt en die het zeker beter doet dan ik.
Een ander voorbeeld is nog Stravinsky. Ik slaag er niet in om die persoonlijkheid te begrijpen. Er is een zodanige kloof tussen wat hij schrijft over z’n muziek en de muziek zelf dat ik er niet in slaag om de synthese te maken. Hij schrijft steeds dat je zijn muziek moet spelen zonder het minste greintje emotie, maar voor mij zit die muziek juist vol emotie… En eens te meer, er zijn massa’s jonge dirigenten die deze muziek zeer goed dirigeren, dus laat ik dat ook maar aan hen over. Mijn repertoire is breed genoeg en overlapt voldoende periodes om me te kunnen permitteren om niet te dirigeren wat mij niet schikt.

Is het erkennen van zwakheden niet een van de mooiste kwaliteiten?

(Lacht) Ja, ongetwijfeld, maar het is vooral een kwestie van professionele integriteit om te kunnen zeggen: “Sorry maar dit is niet ‘my cup of tea’.” Het is mij vaak genoeg gebeurd dat ik concerten niet heb aangenomen vanwege het programma.
Wat voor jonge dirigenten niet kan natuurlijk. Als je jong bent moet je alles doen, natuurlijk, om ervaring op te doen en om beetje bij beetje je eigen persoonlijkheid te leren kennen.

Wat luchtiger nu:

Wat kan U absoluut niet?

Ik kan absoluut niemand kwetsen, agressief zijn.

Wat kan U heel goed?

Dirigeren, misschien, maar het is niet aan mij om daarover te oordelen.

Wat maakt U kwaad?

Mensen die hun werk niet intensief doen, wat dat ook is (en zo veel te meer in de muziek). Ik heb een hekel aan de uitdrukking “I do my job”. Ik verdraag het niet om te werken met mensen die hun werk maar half doen, dat maakt mij krankzinnig, en ik ben daarvoor gekend (lacht).

Wat vergeeft U iemand altijd?

Een erkende fout. Om terug te komen op de vorige vraag, ik verafschuw situaties waarin iemand zijn fout niet erkent, of erger, ze afschuift op z’n buurman.
Voor de rest: vergissen is menselijk. Daarstraks ben ik ergens vergeten een tijd te slaan. Ik heb me daarvoor geëxcuseerd en voilà. Ik ben geen “Übermensch”, niemand is dat.

Wat is mooi voor U?

O, veel dingen! Muziek, vrouwen, landschappen, de natuur, schilderkunst, kunst in het algemeen. Wij zijn omringd door schoonheid, en soms heb ik de indruk dat we niet meer in staat zijn om ze te zien. Wij zien alleen nog maar artificiële schoonheid die onze geest misvormt.

Wat ziet U thuis vanuit Uw venster?

Schoonheid! (lacht) Ik zie prachtige eeuwenoude bomen, aan de overkant van een rivier, en nog verderop zie ik de daken van de stad in de vallei. Dat alles omkaderd door een prachtig landschap dat zich uitstrekt tot aan de hemel. Ik ga vaak boven op m’n dak zitten om de kleurveranderingen in het hemelgewelf te bewonderen. Dat ontroert mij, inspireert me ook…

Wat is Uw grootste kwaliteit?

In staat zijn om zeer hard te werken.

En Uw grootste gebrek?

Mijn familie zou u zeggen dat ik niet genoeg tijd aan hen besteed, en ze hebben gelijk.

Wat is Uw favoriete geur?

De geur van pas gemaaid hooi. Dat is niet noodzakelijk een fantastische geur, maar voor mij is dat een beetje mijn “madeleine de Proust”.

En de minst favoriete?

Die van het openbaar vervoer op het spitsuur.

Wat is volgens U absoluut overbodig?

Bepaalde programma’s op de televisie…